Référendum, quel exercice
Par Hervé, samedi 21 mai 2005 à 17:18 :: Politique :: #4 :: rss
Il y a quelques mois, lorsqu'on annonçait la tenue du référendum sur le traité constitutionnel, la sphère politique paraissait sereine. Les semaines ont passé et le paysage s'est transformé, à la lumière des sondages.
La sérénité a fait place à la vindicte.
Alors que le ton était globalement condescendant, l'émergence d'une possibilité d'un refus par les électeurs français de ce projet, à crisper ses partisans.
Personnellement je ne suis pas encore fixé, après une première lecture rapide, j'ai usé du stabilo, des renvois, des annotations pour analyser le texte, j'ai réédité la constitution actualisée de 1958, je lis, j'essaye de mettre en perspective et de m'extraire de la cacaphonie ambiante. Là n'est pas le sujet.
Ce qui me marque le plus, c'est le déploiement d'arguments de plus subjectifs de notre élite politique.
Les partisans du non font appel à des arguments "élimés", j'ai cru entendre le son de la lutte des classes dans certains discours, dans d'autres ont fait appel aux instincts les plus primitifs des citoyens.
Les partisans du oui n'ont rien à envier avec une palette qui recouvre toute la gamme de ce qu'on peut faire de pire.
On est passé de l'évidence, "être partisan d'une Europe, c'est voter le traité", aux fausses logiques pour aller plus loin il faut ce traité. Puis les évènements se sont enchaînés, une première possée du non a conduit ses opposants à réagir, on a eu droit à un pseudo débat télévisé, quelques interventions, "la France perdra son influence en Europe .... et le non est retombé.
Depuis quelques jours, ce "non" est à nouveau majoritaire dans les sondages, le discours des politiques a changé, dans cette sorte de panique, leurs propos se sont orientés vers la stigmatisation et le catastrophisme. On en appel à la responsabilité des électeurs.
Nous avons certainement les hommes et femmes poltiques que nous méritons.
Je pense surtout que le 30 mai la gueule de bois sera bien réelle, même si ce traité reçoit au final la bénédiction de la majorité des citoyens. Et il serait de très mauvais ton de faire semblant de faire semblant.
Qu'il s'agisse du gouvernement français mais aussi des partis politiques de froite comme de gauche, l'autisme devient une pathologie poltique. Le citoyen n'est pas toujours raisonnable, mais personne ne lui propose d'éclairage.
Pour revenir à ce projet de traité, sa rédaction, tant sur le fonds que sur la forme, correspond à l'air du temps : c'est l'économie le moteur de la société.
On ne peut pas le reprocher, il n'y a plus de projet spirituel qui tende à éclairer le bout du tunnel. Sur la forme c'est un vaste réglement détaillé.
La question est vraiment là, le sens que chacun veut donner à sa vie. L'économie offre une nouvelle alternative à l'organisation sociale, elle modélise d'une manière plus ou moins policiée, tout ce que l'évolution huamine a gommé dnas le domaine de la violence physique. Pas de méprise dans mon propos, je ne rejette pas l'importance de l'économie dans le fonctionnement social, je constate la place grandissante qu'elle prend par défaut.
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