Les scientifiques ont démontré le lien entre évolutions des températures des océans et climat de la terre. On se souvient d'El Nino. Le cinéma nous a présenté une vision d'apocalysme d'une évolution brutale du climat qui serait due à un brusque refroidissement de l'océan altantique. Les mécanismes présentés dans ce film sont réels, l'échelle de temps tient beaucoup plus du catastrophisme.

Le fonctionnement de l'ensemble des océans de la Terre sont liés. Des masses d'eau s'échangent en profondeur et en surface entre le Pacifique, l'Atlantique et l'océan Indien. On appelle ce mouvement circulation thermoline. Les masses d'eau chaude et salée remontent l'Atlantique, arrivées vers le nord elles plongent vers les profondeurs, car elles présentent une densité supérieure aux eaux froides rencontrées (au regard de leur teneur en sel supérieure). Cette plongée oxygène le fonds de l'Océan.

Un apport en eau douce au point de plongée diminue la densité et limite le phénomène de plongée. Une forte augmentation de l'apport en eau douce peut bloquer la circulation en profondeur de cette masse d'eau chaude et conduire au refroidissement de plusieurs degrés en Atlantique Nord.

C'est en 1961, qu'au MIT, Henry Stommel a construit les premiers modèles décrivant ce fonctionnement. Wallace Broecker, qui évoque ce phénomène en le qualifiant de tapis roulant, alerte la communauté scientifique sur son incidence sur le climat. En effet, le réchauffement actuel favorise les fontes de glace, les épisodes intenses de pluie et ainsi les apports massifs d'eau douce en Atlantique Nord.

Un groupe de scientifiques, après avoir construit des modèles beaucoup plus fins ont pu poursuivre l'étude des mouvements et des échanges en profondeur. Leurs travaux ont permis de démontrer qu'on pouvait changer rapidement de climat et plus précisément qu'une augmentation de la teneur en dioxyde de carbone à un taux un peu supérieur de celui mesuré actuellement conduirait à un refroidissement généralisé de l'Atlantique Nord.

Le phénomène s'inverse au fil du temps selon une courbe d'hystérésis, il nécessite à cet effet une diminution importante de l'apport d'eau douce. Ce phénomène dépend de facteur externes comme la fonte des glaces et la tenur en gaz à effets de serre de l'atmosphère.

Les paléoclimatologues ont montré que cette situation a déjà existé par le passé. Sur les 100 000 denières années des cycles de réchauffement se sont quasiment toujours terminés par un refroidissment brutal. Ces travaux ont corroboré les résultats des modèles actuels : un apport massif et rapide d'eau douce peut arrêter la circulation d'eau profonde. Cet arrêt provoquerait alors un refroidissment de 2 à 3°C aux lattitudes moyennes.

En l'état actuel des connaissances, il apparait qu'avec une poursuite de l'augmentation de la teneur en CO2 jusqu'au milieu du 22ème siècle, le réchauffement mondial serait d'environ 3°C accélérant le phénomène précédemment décrit et conduisant à une baisse plus ou moins brutale de 4°C dans l'Atlantique Nord.

Il reste à déterminer le lien indéfectible entre activité humaine et réchauffement climatique : il y a quelques siècles des terres étaient cultivées au Groenland.

Les travaux d'Henry Stommel sur le fonctionnement des océans
L'incidence de l'apport d'eau douce dans le fonctionnement des courants océaniques profonds
Les cycles climatiques et la paléoclimatologie
Changements climatiques à l'échelle mondiale