2006, des voeux
Par Hervé, dimanche 8 janvier 2006 à 13:17 :: General :: #18 :: rss
Le passage à une nouvelle année fait partie du domaine des symboles. C'est l'occasion de faire des bilans, mais aussi de dresser des perspectives.
Les années des idéologies sont pour le moment derrière nous. On peut assez facilement admettre que nous, occidentaux, sommes dans une période de poursuite du processus d'individualisme.
Donc nos préoccupations principales, pour ceux qui ne sont pas exclus, sont celles d'une population bourgeoise ou qui y aspire. Ce mouvement trancende les grandes tendances : consommation, sécurité, déni de l'intérêt commun pour ne pas dire général, gommage progressif de l'éthique.
On pourrait alors s'interroger sur l'évolution d'une société qui ne serait conduite que par une sorte bien blapharde d'édonisme. Le problème est, à mon sens, beaucoup plus grave : - tout d'abord toutes les populations occidentales ne sont pas concernées, une partie très importante des peuples européens vivent déjà sous le seuil de pauvreté, et la tendance s'affirme - le rejet de l'intérêt général est porté par une partie croissante de la classe politique, sous le prétexte de la performance économique - la cohésion sociale s'affaiblit, et c'est un euphémisme que de le dire - les décisions, les orientations politiques gomment l'importance de la nation au profit de l'individu, de l'immédiat avec un souci de rentabilité immédiate
L'occident ne représente pas le monde et loin de là. Ainsi le bilan est d'autant plus dramatique. On peut s'interroger sur l'incidence de la mondialisation sur l'avenir des cultures, la question est interessante, mais ne semble pas vitale. Ce qui l'est plus, ce sont les incidences de la dimension uniquement financière de cette libéralisation. On peut admettre qu'à son terme la mondialisation aura réparti les richesses, par un jeu de rééquilibrage dans le temps, relativement uniformément sur la terre. C'est sans compter avec les impacts irréversibles à chaque stade intermédiaire. - impact sur la paupérisation des nations - impact sur l'environnement - impact sur les fonctionnements sociaux
La fuite en avant concerne bien tous les aspects de nos vies, et bien plus grave, elle conduit à l'aveuglement: - croyance sans limite dans les technonogies pour régler les dérèglements climatiques - culture du "jeunisme" - effacement des valeurs humanistes, absence d'éthique
Ce post est donc résolument pessimiste, non. Je suis de plus en plus persuadé qu'au regard d'évènements qui ont eu lieu en 2005, les options politiques ou économiques des classes dirigeantes ne résistent pas longtemps aux prises de conscience citoyennes.
Trois axes me semblent innégociables, ils guideront mes choix dans mes actes de citoyen : - la lutte contre la pauvreté dans toutes ces dimensions (alimentation, logement, santé). Tout le monde doit pouvoir y accéder. - la "recohésion sociale" : les liens qui tissent tous les groupes composants la société, en luttant contre la stigmation d'un groupe par rapport à un autre, et en reconstruisant un projet équilibré qui défende, en particulier, les structures publiques nécessaires à cette cohésion - la prise en compte du caractère fini de notre environnement. Les projets, les technologies, les applications scientifiques doivent être évaluées à l'aune de cette contrainte, en intégrant toutes les conséquences sociales, environnementales, éthiques de leur introduction. (ce n'est pas un frein, mais un vrai progrès)
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