Les dernières secousses de la société française illustrent, au delà d'une réaction à ce qui a été un accompagnement très zélé du gouvernement au libéralisme, la valeur que nous sommes très nombreux à accorder au travail.

N'est-il pas plus rigoureux de l'observer scientifiquement, donc du dehors ? Il faudrait à cet effet, vivre comme les grecs qui ne le concevaient comme une nécessité que pour leurs esclaves ... Donc, nous sommes légitimes à avoir notre idée sur les conditions de l'homme au travail.

Il est alors intéressant d'étudier les relations entre les hommes dans cet espace temps qu'est l'activité professionnelle ( ou non pourquoi pas ? ) lucrative ou non. Une construction des relations basée sur les positions que chacun occupe dans une organisation économique conduit à l'établissement d'un système de valeurs qui peut s'éloigner de celles qu'il parait normal de défendre à l'extérieur.

On peut alors s'intéresser à l'éthique et les hommes au travail. Pour éviter toute confusion, il faut préciser que l'objet n'est pas de construire un paradis dans ce cadre. On parle bien de relations huma
ines où chacun doit rester à sa place. Le modèle n'exclut pas les tensions qui sont liées au contexte propre à l'organisation ou consécutive à son environnement, par contre il considère le comportement de chaque individu et de l'influence qu'il peut tirer de sa position vis à vis des autres.

Si les dérives ne sont l'apanage d'aucune époque, leur régulation prend des modes et des intensités différentes au fil du temps. La montée de l'individualisme a rendu vaine la force de la morale et c'est un bien.

Cependant, elle nécessite pour ne pas faire éclater les fonctionnements sociaux d'être remplacée par une maturité assumée des individus. Il ne faut pas alors aller chercher dans les organisations des compensations à un quelconque manque d'autonomie. L'entreprise n'est un palliatif ni à la famille ni à la désagrégation sociale.

On peut alors aborder la notion d'éthique au travail. Cette notion repositionne l'individu au lieu du groupe. Elle nécessite alors que chacun puisse assumer totalement sa position d'individu, au risque dans le cas contraire d'introduire des rapports qui ne se batisse plus sur l'égalité des hommes.

L'analyse que présente mon ami, Eric dans cet article sur l'éthique et les relations au travail nous livre une vision théorique que je partage. Elle démontre encore une fois, si cela est nécessaire le poids de l'éducation dans la propension des êtres à assumer cette individualité et surtout à compenser les inégalités sociales.

C'est un des points où nos avis divergent. Une société ne peut être résolument moderne que si elle ne donne à chaque individu tous les éléments qui lui permettront d'assurer son individualité mais aussi la conscience de place de la société.

En prenant pour exemple l'enseignement de la philospophie, je défends l'idée qu'elle peut et doit être enseignée à tous, comme toutes les matières qui permettent de comprendre, d'analyser le fonctionnement de la société, sous des formes adaptées. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

La culture n'est pas affaire d'élite. Mais c'est un devoir des élites d'en assurer le rayonnement le plus large. Et on constate que nos élites sont trop souvent déconnectées de la société, sont-elles alors encore des élites ?

Ethique du monde du travail