EJM - Partage de connaissances

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samedi 21 avril 2007

Il faut conserver cet espoir de l'absurde

Nous sommes à J-1 du premier tour de cette échéance électorale. Plus la campagne a avancé, moins la place a été laissée aux idées et encore moins au débat. La scène médiatique est remplie de l'éther du superficiel au risque de se prononcer sur l'impression que donne tel ou tel candidat, à la séduction qu'il dégage, à l'image qu'il renvoie de ses "adversaires". C'est pour cette raison que j'avais, dans un précédent billet, fixé quelques éléments de comparaison objectifs des programmes.

Je me suis bien décidé sur la base de la grille de lecture que je me suis fabriqué, mais deux difficultés sont apparues :

- dans les faits, quel programme, quels éléments tangibles y a t'il à comparer, mais aussi quel peut-être l'influence du futur chef de l'Etat dans ce domaine. Certes nous sommes en France et le président de la république nomme le premier ministre, donc il pèse sur le travail du gouvernement. Bien sur dans le programme même du candidat, on mesurera combien par les idées qu'il défend, les courants qu'il représente, il pèsera sur les décisions. Un libéral allègera le poids de l'Etat sur le fonctionnement économique, on peut penser qu'un candidat porté par les idéaux socialistes (pas du nom du parti), confortera l'emprise de la sphère publique sur l'économique. Il reste à ne pas surdimensionner son rôle, seule la conjonction avec une majorité à l'assemblée nationale de même parti lui donnerait les coudées franches.

- il y a les candidats de la raison et ceux du coeur. Il m'est toujours apparu déraisonnable de privilégier l'idée aux actes, et de choisir sur la base d'une sensibilité sociale plus prononcée. . Je cèdais en cela à l'évidence qu'on ne pouvait pas faire autrement qu'admettre l'évidente suprématie du pouvoir de l'économique sur le reste. L'économique, et plus précisément le libéralisme économique, guide le monde. Que ferait la France en refusant cette logique, tout autre choix est dès lors impossible.

Tout d'abord sur les évidences, elles ne valent que tant qu'on les admet. Ce qui est, dans le contexte, un peu fort. La dégradation de notre éco-système n'est pas encore une réalité pour tous, mais peu de scientifiques la conteste. Le lien entre croissance sans limite et dégradation de la qualité de l'environnement (pas la vision idylique, mais l'éco-système humain) est lui aussi établi. Les sociaux démocrates, s'ils se différencient des libéraux sur le thème de la solidarité, de l'importance de l'accomplissement de l'individu dans la société, ne remettent pas pourtant en cause le modèle économique. La seule dimension écologique n'est pas suffisante à critiquer le modèle libéral. L' approche univoque de ce modèle me rappelle mes cours de mécanique des fluides. Lorsqu'on en applique les lois dans un domaine technique, on cherche à réduire toutes les pertes de charge, pour optimiser la circulation du fluide. Le modèle libéral se comporte ainsi, dans ce domaine de l'économique Il n'a au final plus aucun sens pour l'être humain, ce n'est pas de l'empirisme, c'est maintenant mesuré.

Dans ce modèle que devient la place de l'homme, de l'individu, il est nié totalement. Mais alors pourquoi suivre ce modèle aveuglément. Les pansements, l'accompagnement social que soutiennent les sociaux libéraux ne donne pas pour autant de sens à ce modèle. La clé et la rupture tiennent certainement à l'évidence de l'absurdité de l'existence humaine. Cette absurdité est positive, c'est celle que développe Albert Camus dans le mythe de Sisyphe. Elle conduit chacun de nous de réfléchir au sens réel de sa vie, pas celui de ses ambitions, de sa réussite matérielle, de son désir d'ascension sociale. Cette réflexion qui se développe d'autant plus facilement que sa vie s'écoule, conduit à se détacher de ce qui précède, et faire moins de concession.

Lorsqu'on l'applique au choix de société, ces principes permettent de revenir sur ses idéaux avec plus de convictions, de sérier les valeurs non négociables. Il ne faut pas avoir peur d'un "plutôt le désordre que l'injustice". Ces dernières années ont privilégié l'ordre à tout prix et à tous les prix, les injustices ne sont que plus fortes : les injustices sociales en particulier. Que veut dire cette poltique de sécurité routière lorsqu'elle résoud un problème endémique à cette société libérale (pourquoi le nombre de véhicules croit, alors qu'il génère ce risque et contibue à la dégradation de l'environnement) alors que dans le même temps, aucune politique nationale ne s'est attaquée à cette écatombre qu'est le suicide et qui fait environ 11 000 morts par an (pour plus de 150 000 tentatives). Dans le second cas la réponse est plus complexe, la compréhension des raisons, les moyens à mettre en oeuvre n'ont pas le caractère rassurant des mesures mises en oeuvre par cette politique de sécurité routière.

La volonté maintient la conscience. C'est le devoir de l'homme debout d'entretenir sa conscience, par la volonté de ne pas fermer les yeux, la révolte qu"il doit entretenir contre sa condition (au sens large), tout en mesurant la limite de son action. Camus (encore lui !) écrit " Les conquérants savent que l'action est, en elle-même inutile. Il n'y a qu'une action utile, celle qui refairait l'homme et la Terre. Je ne referai jamais les hommes. Mais il faut faire comme si."

Demain, j'irai voté. Ce geste individuel est parfaitement dérisoire, mais je n'en ai jamais autant mesuré l'importance.

dimanche 9 juillet 2006

L'accès au savoir - un problème de société

ette année encore les rencontres mondiales des logiciels libres ont tenu leurs promesses. Rencontrer au quotidien des personnes qui donnent de leur temps, de leur énergie pour faire avancer des projets qui ont pour finalité un accès plus facile et plus efficace à la connaissance et au savoir, a quelque chose d'irréaliste pour certains ou de porteur d'espoir pour d'autres.

A Dijon, l'année dernière, c'était la victoire contre les brevets logiciels qui plannait, cette année c'était la défaite contre DADVSI.

La table ronde qui a réuni Michel Rocard, Richard Cazenave, Martine Billard et François Bayrou a été un moment fort sans nul doute.

Bien sur l'unanimité qui régnait s'apparentait à une forme d'angélisme ou d'excès de naïveté, peu importe. Je crois que les élus ont entendu le message d'une communauté plutôt indépendante des courants politiques (j'ai dit plutôt, la non plus pas de fausse naîveté), et la communauté a, à mon sens muri dans ce combat qui est loin d'être terminé.

Elle a appris à construire de vrais argumentaires et à abandonner les horripaux et archétypes du Linuxien à courte vue. J'en ai aussi tiré quelques leçons, au regard de l'action citoyenne que je peux mener, je dois être moins succeptible, et n'attendre des interlocuteurs politiques que ce qu'ils peuvent livrer. Ce qui implique en particulier de placer le débat au niveau des arguments d'un côté et de l'autre : en apporter mais aussi les exiger.

L'absence de réponse à mes interrogations des trois députés du Cher sur leur position quant à DADVSI m'avait profondément déçu. Après tout je n'ai peu être pas fait le nécessaire pour les sensibiliser. Et je pense que le premier qui acceptera de répondre publiquement à mes questions "stimulera" les autres. Ils doivent aussi comprendre qu'on ne peut pas se répandre sur un blog politique avec les mots liberté, droit ou bien libération du droit à entreprendre ... porter un discours à Paris, se plaindre de ces effets aussitôt rentrés dans leur circonscription ou rester sourd aux citoyens qui les interrogent. Je ne manquerai pas de restituer le fond des entretiens à venir<;

Table ronde politique aux RMLL 2006

Les photos

dimanche 30 avril 2006

Oublions les monarques, et discutons

Dans un an, la France connaîtra une nouvelle période d'élections, mais les campagnes des candidats sont déjà lancées. Les stratégies sont différentes, mais elles s'ppuyent essentiellement sur la communication. Qui une petite phrase, qui un blog voire les deux. Bien sur on aura droit aux bilans, et puis aux grandes orientations. En même temps, ce seront les grandes manoeuvres dans les partis politiques pour savoir qui. Qui sera candidat bien sur, mais aussi comment seront organisées les équipes de campagne, avec déjà un avant gout de "prépositionnement". Tout ça composera une nouvelle édition du sport national français préféré.

Les derniers avatars de nos dirigeants montre pourtant qu'il serait opportun de construire une vie politique différente. Les conclusions qui ont été tirées de la crise du CPE, dans certains médias ou par la bouche de personnalités en vue sont là aussi impressionnantes : "les français sont bloqués par leur immobilisme et leur peur du changement, ils redoutent l'avenir et se crispent sur des vieilles positions". Ceux qui peuvent parler pour les autres m' ont toujours impressionné.

Il est temps, et quelques représentants de paris politiques semblent l'avoir entendu, de construire des programmes sur la base des préoccupations réelles de nos concitoyens. A cette fin, la distance entre le puvoir et le peuple doit être réduite. Ca évitera les dérives, où l'on se drape de la raison d'Etat, pour mettre en oeuvre des opérations de bas étages.

Le dialogue social, la démocratie de proximité doivent être rétablies er développées. Côté electeurs, nous devons aussi faire preuve de plus de maturité, pour n'évaluer que des programmes et non pas quelque mentor que ce soit.

Je ne pense pas que les français craigent le changement, ils ne souhaitent pas qu'on les prenne pour des idiots. Les élus peuvent y retrouver une place de choix et redonner toute la noblesse à leur mission, de vigile sociale et de pédagogue mais aussi de guide, ils doivent accompagner les changements de société. Pour cela, il faut arrêter le prosélitisme sans démonstration, sans argumentation.

dimanche 6 novembre 2005

Les mots, les actes

La polémique tourne autour des mots prononcés par le ministre de l'Intérieur. Il me semble totalement excessif de se focaliser sur ces non-évènements. Un homme politique en mal d'élections et peut-être d'autorité garde la responsabilité de ses propos. Ce qui m'inquiète beaucoup plus, c'est le processus qui a abouti à ces résultats. Le discours de la restauration de l'autorité peut parfaois être incohérent avec celui du désengagement de l'Etat dans les politiques de la ville.

Le résultat est là. Abandonner des quartiers entiers, les qualifier de zones de non droit pour en stigmatiser les habitants (résultats le vocabulaire employé par le dit ministre) et en faire un furoncle de fixation révèle d'une piètre capacité à gouverner et à accompagner une société dans sa capacité à évoluer.

Tout semble montrer que les subventions se tarissent pour les associations qui labouraient le terrain des banlieues pour redévelopper un terreau fertile à la reconstruction d'une cohésion sociale et des individus.

J'ai entendu le ministre des collectivités locales trouver l'origine des évènements actuels dans ce qu'il ne voit pas n'être que les conséquences de cette politique. Il a eu beaucoup de mal à reprendre sa superbe lorsque Roland Miahil a évoqué l'annulation des 350 millions d'euros de la politique de la ville. Il ne faudra pas s'étonner des dérives possibles des communautarismes qui sont seuls à offrir de l'expoir comme la prise en main par un islam dur par exemple.

Je regrette de na pas entendre de discours sérieux de l'opposition au gouvernement.

mercredi 13 octobre 2004

Effet de la fiscalité

Les annonces ont fait florès il y a quelques mois en France, sur l'effet salvateur de la baisse des impots sur l'économie. Il n'est pas au centre des débats dans la campagne électorale aux Etats-Unis, car lequel des deux candidats prendrait le risque de déplaire à ceux qui pensent encore faire partie de la société et donc qui se déplacent jusqu'aux urnes.

L'absence de débat en France est due, j'ose l'espérer, à l'absence d'équilibre parlementaire. On peut en effet croire que l'opinion ne se laisse pas hypnotiser par le champ des sirènes.

L'aspect qui me venait immédiatement à l'esprit, peut-être par excès de matérialisme, est la capacité qu'offrait l'impot à l'Etat pour offrir des vrais services publics, construire des infrastructures (pas seulement routières), des écoles, des hopitaux, des centres de recherche, des maisons de retraite et financer leur fonctionnement. Moins d'impot moins d'équipements "mutualisés" entre les citoyens, dommage pour celui qui n'en a pas les moyens.

Un autre aspect existe, c'est la réduction des inégalités. L'impot sur le revenu à jouer ce rôle en France, mais aussi dans d'autres pays occidentaux, jusque dans les années 85. A cet égard, la démonstration de Thomas Piketty est argumentée et persuasive. Les données qu'il utilise dans son analyse sont à mettre en parallèle avec les progrès sociaux. Le déclin de cet outil à partir de la fin du 20ème siècle nous laisse supposer ses effets à l'aune des progrès qu'il avait pu enregistrer. C'est une lecture à conseiller.

Les critiques du livre dont est extraite l'analyse figurant en URL confortent l'impression que le document m'a laissé.

Ce document est à lire si le libéralisme économique pouvait, sans préjugés, séduire.

Les inégalités dans le long terme
En finir avec les inégalités

dimanche 30 mai 2004

Choix de société

Il ne faut pas confondre prouesses technologiques et dangers pour la société. En effet ce ne sont pas les nouvelles technologies qui sont dangereuses pour la société, quelque soit ces technos. Le débat est ailleurs.

Il me semble beaucoup plus pertinent de réfléchir au sens que nous voulons donner à nos vies et par voie de conséquence, à la société dans laquelle nous voulons vivre. Un certain nombre de débats me semblent stérile, si on ne cherche pas à lever la tête du guidon. Pour argumenter, je vais commencer par quelques exemples... qui touchent aux technos de l'information.

1er exmple Tout d'abord, parlons de puce RFID (Radio frequency IDentification), en français système de radio-identification. Cette invention supplantera les codes à barres d'ici quelques années. Le concept est simple, une puce de silicium, flashable (on peut y inscrire des informations, en plusieurs fois), et une petite antenne sous forme de bobine. C'est le système de lecture qui dispose du dispositif d'alimentation. La portée de lecture dépend de la fréquence de l'émission radio, plus elle est élevée plus la portée est importante. Utilisations: suivi de logisitiques, traçage de production jusqu'à la livraison, mais aussi profiling, même si en Europe, les droits de l'individu face aux traitements de l'information sont encore protégés. Les sociétés qui produisent ces puces comptent sur des quantités énormes en terme de débouché. Est-ce là technologie qui a créé cette invention ou les besoins du marché. Je penche volontiers pour la 2ème possibilité. La qualité signifie aujourd'hui, trçabilité des produits, on peut retrouver les composants, la date de fabrication, le numéro de référence de la machine qui a servi à la fabrication, alors qu'on s'intéresse assez peu au process de fabrication, ou si le produit est tout simplement bon dans l'absolu. Exemple les OGM.

2ème exemple La commission européenne a validé le principe de brevetabilité des logiciels, en utilisant un artifice pour ne pas volier la convention de munich qui interdir de breveter un logiciel: l'invention brevetable est celle mise en oeuvre électroniquement. Conséquences: first - on pourra breveter un algorithme, donc une forme d'idée, second - cela interdira le reverse-ingéniering qui permettait, à défaut de collaboration d'éditeurs, de maintenir l'interopérabilité entre logiciels.

3ème exemple Le carnet de santé informatisé Intention louable s'il en est, maintenir le système de santé que le monde entier nous envie. Grace à ce système d'information, l'état de santé de chacun, tous les petits incidents par exemple légère déprime, consommation de tel type d'antibiotique qui laisse présager de la nature de l'infection, tout sera inscrit. Bien sur il y a la CNIL. Arrêtons là mes 3 exemples. Maintenant essayons d'en faire un coktail. Un système d'informations obscure, puisqu'on aura pas le droit de vérfier ce qu'il fait, qui permettra d'interconnecter nos habitudes de consommation alimentaires, culturelles (ceux pour lesquels la culture n'est qu'un produit de consommation (au fait devinez qui vient de racheter les presses de la cité et Plon)) avec son suivi médical, et ajoutons y nos habitudes de déplacement (et oui téléphone portable allumé=trace des déplacements. Bien sur, cette simulation n'est que pure forme de délire, d'exercice paranoïaque. D'aucun pourrait dire que j'ai l'esprit chagrin qu'au final, l'esprit est de protéger la sécurité de l'individu, ce dernier du-t'il sacrifier un peu de sa liberté. Revenons à mon propos initial, les choix de société, c'est à chaque citoyen de les faire, voter ce n'est pas déléguer sans regard l'organisation de la société de demain à un tiers inconnu. Le citoyen a le droit de l'interpeller. Le fonctionnement social est systémique, les inter-relations sont basées sur des rapports, l'exercice de la démocratie, s'il n'y a pas de dialectique, conduit à laisser la place entièrement libre à des décisions prises par d'autres. Encore faut-il vouloir consacrer un peu d'énergie à réfléchir au sens de la vie, et à l'exercice de cette dialectique. La politique peut alors avoir un autre visage, ou pour le moins conduire à d'autres choix. Et pour se faire il n'y a pas besoin de nouvelles lois.

NB: je n'ai pas pu ajouter le lien sur les compte-rendus de la commission européenne, le serveur est arrêté ce week-end!!!!

C'est quoi un rfid?
La brevetabilité des logiciels