dimanche 30 mai 2004
Choix de société
Par Hervé, dimanche 30 mai 2004 à 15:27 :: Société
Il ne faut pas confondre prouesses technologiques et dangers pour la société. En effet ce ne sont pas les nouvelles technologies qui sont dangereuses pour la société, quelque soit ces technos. Le débat est ailleurs.
Il me semble beaucoup plus pertinent de réfléchir au sens que nous voulons donner à nos vies et par voie de conséquence, à la société dans laquelle nous voulons vivre. Un certain nombre de débats me semblent stérile, si on ne cherche pas à lever la tête du guidon. Pour argumenter, je vais commencer par quelques exemples... qui touchent aux technos de l'information.
1er exmple Tout d'abord, parlons de puce RFID (Radio frequency IDentification), en français système de radio-identification. Cette invention supplantera les codes à barres d'ici quelques années. Le concept est simple, une puce de silicium, flashable (on peut y inscrire des informations, en plusieurs fois), et une petite antenne sous forme de bobine. C'est le système de lecture qui dispose du dispositif d'alimentation. La portée de lecture dépend de la fréquence de l'émission radio, plus elle est élevée plus la portée est importante. Utilisations: suivi de logisitiques, traçage de production jusqu'à la livraison, mais aussi profiling, même si en Europe, les droits de l'individu face aux traitements de l'information sont encore protégés. Les sociétés qui produisent ces puces comptent sur des quantités énormes en terme de débouché. Est-ce là technologie qui a créé cette invention ou les besoins du marché. Je penche volontiers pour la 2ème possibilité. La qualité signifie aujourd'hui, trçabilité des produits, on peut retrouver les composants, la date de fabrication, le numéro de référence de la machine qui a servi à la fabrication, alors qu'on s'intéresse assez peu au process de fabrication, ou si le produit est tout simplement bon dans l'absolu. Exemple les OGM.
2ème exemple La commission européenne a validé le principe de brevetabilité des logiciels, en utilisant un artifice pour ne pas volier la convention de munich qui interdir de breveter un logiciel: l'invention brevetable est celle mise en oeuvre électroniquement. Conséquences: first - on pourra breveter un algorithme, donc une forme d'idée, second - cela interdira le reverse-ingéniering qui permettait, à défaut de collaboration d'éditeurs, de maintenir l'interopérabilité entre logiciels.
3ème exemple Le carnet de santé informatisé Intention louable s'il en est, maintenir le système de santé que le monde entier nous envie. Grace à ce système d'information, l'état de santé de chacun, tous les petits incidents par exemple légère déprime, consommation de tel type d'antibiotique qui laisse présager de la nature de l'infection, tout sera inscrit. Bien sur il y a la CNIL. Arrêtons là mes 3 exemples. Maintenant essayons d'en faire un coktail. Un système d'informations obscure, puisqu'on aura pas le droit de vérfier ce qu'il fait, qui permettra d'interconnecter nos habitudes de consommation alimentaires, culturelles (ceux pour lesquels la culture n'est qu'un produit de consommation (au fait devinez qui vient de racheter les presses de la cité et Plon)) avec son suivi médical, et ajoutons y nos habitudes de déplacement (et oui téléphone portable allumé=trace des déplacements. Bien sur, cette simulation n'est que pure forme de délire, d'exercice paranoïaque. D'aucun pourrait dire que j'ai l'esprit chagrin qu'au final, l'esprit est de protéger la sécurité de l'individu, ce dernier du-t'il sacrifier un peu de sa liberté. Revenons à mon propos initial, les choix de société, c'est à chaque citoyen de les faire, voter ce n'est pas déléguer sans regard l'organisation de la société de demain à un tiers inconnu. Le citoyen a le droit de l'interpeller. Le fonctionnement social est systémique, les inter-relations sont basées sur des rapports, l'exercice de la démocratie, s'il n'y a pas de dialectique, conduit à laisser la place entièrement libre à des décisions prises par d'autres. Encore faut-il vouloir consacrer un peu d'énergie à réfléchir au sens de la vie, et à l'exercice de cette dialectique. La politique peut alors avoir un autre visage, ou pour le moins conduire à d'autres choix. Et pour se faire il n'y a pas besoin de nouvelles lois.
NB: je n'ai pas pu ajouter le lien sur les compte-rendus de la commission européenne, le serveur est arrêté ce week-end!!!!