EJM - Partage de connaissances

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mercredi 26 mars 2008

La cuvée 2008 du cours de route

Comme tous les ans depuis 5 ans, je mets en ligne le support de cours que j'enseigne à l'IUT de Bourges, aux étudiants qui ont choisi la spécialité en 2ème année de génie civil.

Ce cours poursuit quelques objectifs simples, ceux de fournir des réponses et des outils pour :

  • comprendre pourquoi on construit des routes

les infrastructures ont toujours eu une place de choix dans le développement des civilisations, remettre en perspective la dimension technique par rapport à l'histoire, c'est s'approprier la démarche du maîtrise d'ouvrage et comprendre les enjeux sociaux et économiques qui gravitent autour de ce domaine

  • comment on en étudie les projets

l'étude d'un projet routier nécessite la mise en oeuvre de compétences multiples ; il s'agit bien évident du tracé routier , mais en amont du domaine des études préliminaires : études d'environnement, géologiques, hydrauliques et aussi études de trafic, d'urbanisme, économiques. Au final pouvoir étudier un projet, en prenant en compte les contraintes du milieu où il sera implanté et en mesurer l'impact.

  • comment on les construit

la mise en œuvre du projet nécessite la connaissance de quelque principes fondamentaux de la géotechnique, des techniques de terrassement, des contrôles à mettre en œuvre

  • mesurer les enjeux et défis que devront intégrer les infrastructures routières demain

une prise en compte accrue de l'environnement, des contraintes en matière de limitation de l'émission des gaz à effet de serre, de développement durable. Ce sont des clés qui permettent à un technicien de se positionner dans un domaine en plein mouvement, où la simple connaissance technique n'est pas suffisante.

Version 2007 du cours de route

vendredi 21 mars 2008

C'est quoi la photo du site ?

La photo qui illustre le site est celle d'un glacier situé au sud de l'Argentine. C'est le glacier Perito Moreno.

Pour moi, c'est tout d'abord un souvenir ramené par ma fille.

Mais lorsqu'elle m'a expliqué que ce glacier était un des rares au monde à ne pas être en régression, il est devenu un symbole. Symbole de la résistance, symbole de l'espoir mais aussi indicateur.

Le Périto Moréno est la troisième réserve d'eau douce du monde. Lorsqu'elle sera touchée par le réchauffement planétaire, les dégâts seront alors certainement importants partout ailleurs.

Mais bel exemple, alors que les argentins sont au premières loges, ils détruisent à grande vitesse les ressources aquifères dans le nord. Le développement à grande échelle de la viticulture a vu se multiplier les forages. Les vignes disposent d'un environnement idéal : un sol de qualité, de la chaleur et ... de l'eau.

On ne peut les blâmer. Mais on touche à ce qui est le propre du développement durable. Comment partager, sur l'ensemble du monde des ressources, au moment où la prise de conscience des occidentaux, les poussent à imposer des mesures à ceux qui commencent à gouter aux fruits de la croissance. Dans le cas présent, le développement de la viticulture est encouragé par des sociétés françaises pour lesquelles les possibilités de développement sont limitées sur leur territoire d'origine. Belle illustration de la mondialisation.

Donc le Périto Moréno est à surveiller.

dimanche 6 janvier 2008

Une nouvelle année

C'est la tradition, à cette époque de l'année on présente ses voeux et ... on fait le bilan de l'année écoulée.

En regardant dans le rétroviseur, plusieurs domaines peuvent laisser un (fort) goût d'amertume. Mais foin de lamentation, chaque individu peut utiliser sa part de pouvoir, il faut le vouloir.

7ème année du troisième millénaire de l'ère chrétienne (et je le dis à dessein) : l'occident s'affirme comme étant le berceau du progrès.

Trois domaines ne l'illustrent pas :

- l'environnement : on fonce à toute vitesse vers la catastrophe, même si on peut discuter de son échéance, et il n'y a pas de véritable rupture dans le fonctionnement de ces sociétés. Certes on s'accorde pour viser à l'horizon de 10 ans, 20 ans ... 40 ans la réduction de l'émission de CO2. Mais il n'y a pas d'engagement formel des plus gros producteurs de carbone dans l'air. Certains commencent à poser la question de l'évolution inéluctable de la planète, sa préservation sera alors un combat complètement dépassé

- le respect de l'homme et les moyens de sa dignité : alors qu'un dictateur africain s'amuse à planter une tente en plein Paris pour cultiver son image et qu'un haut fonctionnaire sous-loue un logement social de luxe, dans le même temps on chasse des sans logis qui osent afficher leur misère. Au delà des images qui d'une part sont utilisées à des fins médiatiques et d'autre part s'oublient très vite, on peut douter de la contribution du progrès à l'amélioration de la vie de l'homme. Le progrès n'est pas social

- la place de la culture et de l'éducation : lorsqu'on parle de culture dans cette société essentiellement marchande on répond grandes surfaces de vente de DVD, de CD, chaînes de télévision, groupes multimédia ... On oublie la nécessité de l'universalité de cette culture, son rôle intégrateur, son pouvoir socialisant. On parle de professionnalisation des filières de l'enseignement, on oublie les valeurs fondamentales de notre société humaine et celles qui sont nécessaires à son développement. On veut y voir directement un caractère utilitaire, mais on néglige toutes les matières fondamentales qui seront à même de fournir les clés pour décoder le monde passé, actuel et doivent de construire un citoyen responsable qui participe à la construction du monde de demain

Sur ces trois thèmes, la réponse de nos élites politiques n'apparaît pas satisfaisante voir inexistante. En France, la droite semble figée derrière son mentor et la gauche est inscrite aux abonnés absents depuis le mois de mai. Voilà, j'ai écrit ma page lamentation.

On peut aussi faire avoir une approche différente. Chaque citoyen doit être conscient de son pouvoir, il se doit d'en jouer pleinement. La servitude ne peut être que volontaire : le résultat d'une paresse intellectuelle et de la crainte de toucher à son confort.

Des actions les plus simples aux plus investies :

- apprendre à 'lire son environnement' ( quelles informations me renvoie-t'-il ? )

- prendre du recul par rapport à l'information dont on nous inonde et rechercher les éléments de connaissance au plus près des sujets

- évaluer sa propre liberté

- construire son opinion

- mettre en action sa liberté

- agir

dimanche 11 novembre 2007

Libres à Bourges

L'association qui promeut les logiciels libres dans le cher depuis 1998, Berryx-logiciels libres en Berry (ex Ulice), organise la deuxième journée du logiciel libre à Bourges le 7 décembre 2007 à la faculté des sciences de Bourges.

Le thème général est : quel sens, quel esprit donnent ceux qui défendent ce modèle atypique, à leur mouvement.

6 conférences sont au programme, avec des intervenants qui sauront se sortir du discours technique pour faciliter l'échange avec le public. Des ateliers et des stands permettront aussi d'échanger, de débattre et d'essayer des distributions, des logiciels et ... constater qu'il n'y a pas que M$ pour utiliser un micro-ordinateur.

Le choix du lieu n'est pas le fruit du hasard : s'installer au coeur de la faculté des sciences à Bourges, montre que le lien avec le savoir est très fort. Plusieurs collectivités locales, des entreprises et des associations se sont associées à cette manifestation.

Alors retenez cette date le 7 décembre 2007 à la faculté des sciences de Bourges. Vous pouvez d'ores et déjà consulter le site Libres à Bourges

samedi 21 avril 2007

Il faut conserver cet espoir de l'absurde

Nous sommes à J-1 du premier tour de cette échéance électorale. Plus la campagne a avancé, moins la place a été laissée aux idées et encore moins au débat. La scène médiatique est remplie de l'éther du superficiel au risque de se prononcer sur l'impression que donne tel ou tel candidat, à la séduction qu'il dégage, à l'image qu'il renvoie de ses "adversaires". C'est pour cette raison que j'avais, dans un précédent billet, fixé quelques éléments de comparaison objectifs des programmes.

Je me suis bien décidé sur la base de la grille de lecture que je me suis fabriqué, mais deux difficultés sont apparues :

- dans les faits, quel programme, quels éléments tangibles y a t'il à comparer, mais aussi quel peut-être l'influence du futur chef de l'Etat dans ce domaine. Certes nous sommes en France et le président de la république nomme le premier ministre, donc il pèse sur le travail du gouvernement. Bien sur dans le programme même du candidat, on mesurera combien par les idées qu'il défend, les courants qu'il représente, il pèsera sur les décisions. Un libéral allègera le poids de l'Etat sur le fonctionnement économique, on peut penser qu'un candidat porté par les idéaux socialistes (pas du nom du parti), confortera l'emprise de la sphère publique sur l'économique. Il reste à ne pas surdimensionner son rôle, seule la conjonction avec une majorité à l'assemblée nationale de même parti lui donnerait les coudées franches.

- il y a les candidats de la raison et ceux du coeur. Il m'est toujours apparu déraisonnable de privilégier l'idée aux actes, et de choisir sur la base d'une sensibilité sociale plus prononcée. . Je cèdais en cela à l'évidence qu'on ne pouvait pas faire autrement qu'admettre l'évidente suprématie du pouvoir de l'économique sur le reste. L'économique, et plus précisément le libéralisme économique, guide le monde. Que ferait la France en refusant cette logique, tout autre choix est dès lors impossible.

Tout d'abord sur les évidences, elles ne valent que tant qu'on les admet. Ce qui est, dans le contexte, un peu fort. La dégradation de notre éco-système n'est pas encore une réalité pour tous, mais peu de scientifiques la conteste. Le lien entre croissance sans limite et dégradation de la qualité de l'environnement (pas la vision idylique, mais l'éco-système humain) est lui aussi établi. Les sociaux démocrates, s'ils se différencient des libéraux sur le thème de la solidarité, de l'importance de l'accomplissement de l'individu dans la société, ne remettent pas pourtant en cause le modèle économique. La seule dimension écologique n'est pas suffisante à critiquer le modèle libéral. L' approche univoque de ce modèle me rappelle mes cours de mécanique des fluides. Lorsqu'on en applique les lois dans un domaine technique, on cherche à réduire toutes les pertes de charge, pour optimiser la circulation du fluide. Le modèle libéral se comporte ainsi, dans ce domaine de l'économique Il n'a au final plus aucun sens pour l'être humain, ce n'est pas de l'empirisme, c'est maintenant mesuré.

Dans ce modèle que devient la place de l'homme, de l'individu, il est nié totalement. Mais alors pourquoi suivre ce modèle aveuglément. Les pansements, l'accompagnement social que soutiennent les sociaux libéraux ne donne pas pour autant de sens à ce modèle. La clé et la rupture tiennent certainement à l'évidence de l'absurdité de l'existence humaine. Cette absurdité est positive, c'est celle que développe Albert Camus dans le mythe de Sisyphe. Elle conduit chacun de nous de réfléchir au sens réel de sa vie, pas celui de ses ambitions, de sa réussite matérielle, de son désir d'ascension sociale. Cette réflexion qui se développe d'autant plus facilement que sa vie s'écoule, conduit à se détacher de ce qui précède, et faire moins de concession.

Lorsqu'on l'applique au choix de société, ces principes permettent de revenir sur ses idéaux avec plus de convictions, de sérier les valeurs non négociables. Il ne faut pas avoir peur d'un "plutôt le désordre que l'injustice". Ces dernières années ont privilégié l'ordre à tout prix et à tous les prix, les injustices ne sont que plus fortes : les injustices sociales en particulier. Que veut dire cette poltique de sécurité routière lorsqu'elle résoud un problème endémique à cette société libérale (pourquoi le nombre de véhicules croit, alors qu'il génère ce risque et contibue à la dégradation de l'environnement) alors que dans le même temps, aucune politique nationale ne s'est attaquée à cette écatombre qu'est le suicide et qui fait environ 11 000 morts par an (pour plus de 150 000 tentatives). Dans le second cas la réponse est plus complexe, la compréhension des raisons, les moyens à mettre en oeuvre n'ont pas le caractère rassurant des mesures mises en oeuvre par cette politique de sécurité routière.

La volonté maintient la conscience. C'est le devoir de l'homme debout d'entretenir sa conscience, par la volonté de ne pas fermer les yeux, la révolte qu"il doit entretenir contre sa condition (au sens large), tout en mesurant la limite de son action. Camus (encore lui !) écrit " Les conquérants savent que l'action est, en elle-même inutile. Il n'y a qu'une action utile, celle qui refairait l'homme et la Terre. Je ne referai jamais les hommes. Mais il faut faire comme si."

Demain, j'irai voté. Ce geste individuel est parfaitement dérisoire, mais je n'en ai jamais autant mesuré l'importance.

vendredi 12 janvier 2007

Non, mon pc n'est pas en panne - 2

Comme le décompte François Bayrou sur son site, il reste, à ce jour, 99 jours jusqu'au premier tour des élections présidentielles.

A écouter les candidats, on pourrait se méprendre et choisir celui qui parait le plus apte à exercer la fonction sur la base de ce qu'il donne à espérer, et non de son programme.

En essayant d'avoir une approche la plus objective possible pour moi, j'essaye de me construire une grille de lecture des différents acteurs. Tout d'abord le rôle, nous sommes en France et nous avons parfois oublié que le régime monarchique n'existe plus. Le président de la république a, certes, un rôle important, mais il faut mesurer ce que la politique dans le système français peut changer du cours des choses. La déprise des systèmes publics limite considérablement l'action publique. C'est un des premiers points surlequel on doit pouvoir évaluer un candidat : jusqu'où place t'il le curseur en matière de puissance publique. Il ne s'agit pas de se laisser embrouiller par les mots (libéralisme, anti-libéralisme).

La position du curseur doit être examinée sur les thèmes du fonctionnement d'une société : - les besoins vitaux de l'individu (se nourrir, se loger) - l'intégrité physique de tous les individus (la sécurité physique n'en est qu'une facette) le droit à la santé en est un exemple. - l'accès au savoir (l'éducation, la formation, la culture ...) - la construction et la cohésion sociale, avec la place de l'homme dans la société - l'activité économique et la place de l'homme (individu, être social) et de son environnement - la liberté de l'individu (et ce qu'il doit concéder pour le fonctionnement social)

Je commencerai à appliquer la grille de lecture dans les semaines suivantes, pas avant. Il ne faut ni crier 'tous pourris", ni se laisser jouer par le volet spectacle, des photos, des petits mots, des voyages. J'ai beaucoup trop de respect pour la chose politique pour lui faire porter toutes les responsabilités et tous les mots de la société. Il faut aussi ne pas oublier que si la classe politique n'est pas représentative de la société son comportement en est le reflet.

samedi 4 novembre 2006

Non, mon pc n'est pas en panne

Non, mon micro n'a pas été foudroyé par les violents orages de l'été. Juste un peu en peine d'inspiration et d'envie d'écrire.

Cet été a été le témoin du lancement de la campagne présidentielle en France, avec son lot de petits mots, de coups de couteau dans le dos, de photos sur la plage ..., mais assez peu de contenu.

Cet été, j'ai lu deux ouvrages : - La France des camps de Denis Peschanski, où l'on mesure le sordide d'une société dans laquelle beaucoup ce sont associés au jeu sans se révolter, au contraire en participant à la construction et au fonctionnement de 200 camps d'internements sur le territoire national (en zone libre et occupée). Les fonctionnaires , les élus, les habitants voisins y ont mis leur énergie pour qu'ils fonctionnent ou tout simplement en acceptant qu'on y enferme des juifs, des communistes, des tziganes, des révolutionnaires espagnols? Après la libération, avec le même zèle on y a enfermé des collaborateurs, ou tout simplement des géneurs. Au delà de l'étude très sérieuse et parfois même sopo, on mesure qu'un peuple, qu'un homme oublie son devoir de révolte et de refus. Méfions-nous, ça nous guette aussi, si ce n'est déjà fait. Le discours sécuritaire est porteur de tous les excès...

- Le grand bond en arrière de Serge Halimi. Ce livre décortique tous les mécanismes du libéralisme, de la mndialisation. Du discours idéologique aux réalités des montages économiques qui ne prvilégient que les plus value monstrueuses où la valeur du travail n'existe plus, Halimi expose la réalité de ce système pour lequel ... il ne démontre pas la voie d'une alternative capable d'y mettre fin. C'est la critique que j'en fait.

Il y a un parallèle entre les 2 livres, la conscience citoyenne, ou osons le, la conscience populaire, tant qu'elle est absente la voie est libre pour fouler toutes les llibertés et toutes les valeurs. Ne reprochons pas aux candidats aux élections de ne pas avoir de programmes, ils servent la soupe qui semblent plaire (le dicours sécuritaire semble encore faire recette !). Les français avaient trouvé, en 2002, une manière d'envoyer un signal fort. Ce signal n'a pas été compris, mais la manoeuvre était dangereuse, attention que la vague ne passe pas au dessus de la digue cette fois-ci ...

lundi 31 juillet 2006

DADVSI, le conseil constitutionnel porte l'estocade

Lors des RMLL, alors que la loi avait été votée dans des conditions dignes d'une république bananière, un espoir restait. Des députés de droite et de gauche, conscients du risque que faisaient peser les mesures arrêtées, avaient présenté un recours devant le conseil constitutionnel en mettant en avant les excès de cette loi en particulier devant les droits du citoyen. Et là, cette assemblée de sages a porté le coup de grace, non seulement en ne retenant pas les arguments, mais bien plus, en revenant sur la loi.

Ainsi, c'est l'enterrement de première classe pour l'interropérabilité, c'est le durcissement des mesures de sanction, c'est l'interdiction d'utiliser des outils de peer to peeer (donc quelque soit la finalité, c'est la fin de la copie privée. Revenons à des articles publiés entre autres sur de site il y a 2 ans. Les motivations de la loi s'appuyaient sur la protection de la création, personne aujourd'hui ne doit être trompé il ne s'agit que de protéger l'industrie du numérique. L'attitude de la majorité de nos élus est inquiétante, elle montre le manque d'implication sur un sujet certes complexe, mais qui touche aux libertés. Nos députés étudient-ils aussi peu les textes qui leur sont proposés au vote ?

Chistophe Espern trace, comme d'ailleurs François Bayrou l'avait évoqué à Nancy cet été, les dernières possibilités d'action pour le citoyen : la déclaration des droits de l'homme introduit le droit de résistance à l'oppression pour le citoyen, à chacun de l'utiliser pour agir légalement.

dimanche 9 juillet 2006

L'accès au savoir - un problème de société

ette année encore les rencontres mondiales des logiciels libres ont tenu leurs promesses. Rencontrer au quotidien des personnes qui donnent de leur temps, de leur énergie pour faire avancer des projets qui ont pour finalité un accès plus facile et plus efficace à la connaissance et au savoir, a quelque chose d'irréaliste pour certains ou de porteur d'espoir pour d'autres.

A Dijon, l'année dernière, c'était la victoire contre les brevets logiciels qui plannait, cette année c'était la défaite contre DADVSI.

La table ronde qui a réuni Michel Rocard, Richard Cazenave, Martine Billard et François Bayrou a été un moment fort sans nul doute.

Bien sur l'unanimité qui régnait s'apparentait à une forme d'angélisme ou d'excès de naïveté, peu importe. Je crois que les élus ont entendu le message d'une communauté plutôt indépendante des courants politiques (j'ai dit plutôt, la non plus pas de fausse naîveté), et la communauté a, à mon sens muri dans ce combat qui est loin d'être terminé.

Elle a appris à construire de vrais argumentaires et à abandonner les horripaux et archétypes du Linuxien à courte vue. J'en ai aussi tiré quelques leçons, au regard de l'action citoyenne que je peux mener, je dois être moins succeptible, et n'attendre des interlocuteurs politiques que ce qu'ils peuvent livrer. Ce qui implique en particulier de placer le débat au niveau des arguments d'un côté et de l'autre : en apporter mais aussi les exiger.

L'absence de réponse à mes interrogations des trois députés du Cher sur leur position quant à DADVSI m'avait profondément déçu. Après tout je n'ai peu être pas fait le nécessaire pour les sensibiliser. Et je pense que le premier qui acceptera de répondre publiquement à mes questions "stimulera" les autres. Ils doivent aussi comprendre qu'on ne peut pas se répandre sur un blog politique avec les mots liberté, droit ou bien libération du droit à entreprendre ... porter un discours à Paris, se plaindre de ces effets aussitôt rentrés dans leur circonscription ou rester sourd aux citoyens qui les interrogent. Je ne manquerai pas de restituer le fond des entretiens à venir<;

Table ronde politique aux RMLL 2006

Les photos

mercredi 28 juin 2006

DADVSI - dormez c'est la coupe du monde

L'année dernière au cours des rencontres mondiales des logiciels libres à Dijon, la nouvelle était tombée : la directive européenne sur les brevets logiciels était repoussée.

Depuis la fin de l'année dernière, le sous-marin de la loi dite DADVSI faisait surface après plusieurs mois, voire plusieurs années de maturation (après plusieurs années poua! ). Et hop le rédacteur s'en était donné à coeur joie. Petit rappel du feuilleton : - la lecture avait vu une réaction citoyenne des députés", où le ministre de la culture était visiblement dépassé - un amendement instituant la licence globale était passée là aussi en débordant le dit ministre - puis back to the future on efface tout et on recommence - puis on remet l'ouvrage sur le tablier -> renvoi en commission

Bon, la France a vécu d'autres épisodes, le CPE, Clearstream, les officines. L'actu était chargée. Maintenant c'est la coupe du monde, donc on en profite pour liquider les affaires trop compliquée pour que le bon peuple s'y intéresse.

Donc en ce qui concerne DADVSI, on passe en force : on réunit une commission mixte (Sénateurs et députés) et on revient sur une version hard (55 nouveaux amendements ont été introduits).

Rappelons l'enjeu, fin de la copie privée (d'aucuns diront encadrement de la copie privée), limite importante à l'interopérabilité (ce qui permet de comprendre comment sont écrites les données par un système pour pouvoir les réutiliser avec un autre système), risque très important pour les logiciels libres.

Ce projet de loi, déclinant une directive européenne, non exempte de contradictions, sera présenté dans sa nouvelle forme à la dernière journée de la session parlementaire, c'est à dire après-demain. Même chez les parlementaires de la majorité, ce texte revisité par la CMP ne fait pas l'unanimité (pour le moins).

Après s'être opposé au texte, nombreux sont ceux qui sont montés en ligne pour dénoncer la méthode de "passation". (voir le témoignage de Richard cazenave sur son site).

En effet, sans plaisanter, des parlementaires se sentent responsables du mandat que les électeurs leur ont confié ... à quelques mois des échéances électorales.

Il reste à écrire aux parlementaires : à chacun de jouer son rôle de citoyen.

PS : il n'a pas été possible de livrer au premier ministre la pétition que nous avions été 165 000 à signer. En effet, Richard Stallman, père de la licence logiciel libre, accompagné de Frédéric Couchet, se sont vus arrêtés à quelques centaines de mètres de Matignon, où rendez-vous avait été pris avec M. le premier ministre.

L'article sur Zdnet
Réaction de Richard Cazenave député UMP.
Rendez-vous annulé avec le premier ministre
Où les éditeurs s'invitent à l'assemblée nationale

dimanche 30 avril 2006

Oublions les monarques, et discutons

Dans un an, la France connaîtra une nouvelle période d'élections, mais les campagnes des candidats sont déjà lancées. Les stratégies sont différentes, mais elles s'ppuyent essentiellement sur la communication. Qui une petite phrase, qui un blog voire les deux. Bien sur on aura droit aux bilans, et puis aux grandes orientations. En même temps, ce seront les grandes manoeuvres dans les partis politiques pour savoir qui. Qui sera candidat bien sur, mais aussi comment seront organisées les équipes de campagne, avec déjà un avant gout de "prépositionnement". Tout ça composera une nouvelle édition du sport national français préféré.

Les derniers avatars de nos dirigeants montre pourtant qu'il serait opportun de construire une vie politique différente. Les conclusions qui ont été tirées de la crise du CPE, dans certains médias ou par la bouche de personnalités en vue sont là aussi impressionnantes : "les français sont bloqués par leur immobilisme et leur peur du changement, ils redoutent l'avenir et se crispent sur des vieilles positions". Ceux qui peuvent parler pour les autres m' ont toujours impressionné.

Il est temps, et quelques représentants de paris politiques semblent l'avoir entendu, de construire des programmes sur la base des préoccupations réelles de nos concitoyens. A cette fin, la distance entre le puvoir et le peuple doit être réduite. Ca évitera les dérives, où l'on se drape de la raison d'Etat, pour mettre en oeuvre des opérations de bas étages.

Le dialogue social, la démocratie de proximité doivent être rétablies er développées. Côté electeurs, nous devons aussi faire preuve de plus de maturité, pour n'évaluer que des programmes et non pas quelque mentor que ce soit.

Je ne pense pas que les français craigent le changement, ils ne souhaitent pas qu'on les prenne pour des idiots. Les élus peuvent y retrouver une place de choix et redonner toute la noblesse à leur mission, de vigile sociale et de pédagogue mais aussi de guide, ils doivent accompagner les changements de société. Pour cela, il faut arrêter le prosélitisme sans démonstration, sans argumentation.

vendredi 14 avril 2006

Philosophie appliquée

Les dernières secousses de la société française illustrent, au delà d'une réaction à ce qui a été un accompagnement très zélé du gouvernement au libéralisme, la valeur que nous sommes très nombreux à accorder au travail.

N'est-il pas plus rigoureux de l'observer scientifiquement, donc du dehors ? Il faudrait à cet effet, vivre comme les grecs qui ne le concevaient comme une nécessité que pour leurs esclaves ... Donc, nous sommes légitimes à avoir notre idée sur les conditions de l'homme au travail.

Il est alors intéressant d'étudier les relations entre les hommes dans cet espace temps qu'est l'activité professionnelle ( ou non pourquoi pas ? ) lucrative ou non. Une construction des relations basée sur les positions que chacun occupe dans une organisation économique conduit à l'établissement d'un système de valeurs qui peut s'éloigner de celles qu'il parait normal de défendre à l'extérieur.

On peut alors s'intéresser à l'éthique et les hommes au travail. Pour éviter toute confusion, il faut préciser que l'objet n'est pas de construire un paradis dans ce cadre. On parle bien de relations huma
ines où chacun doit rester à sa place. Le modèle n'exclut pas les tensions qui sont liées au contexte propre à l'organisation ou consécutive à son environnement, par contre il considère le comportement de chaque individu et de l'influence qu'il peut tirer de sa position vis à vis des autres.

Si les dérives ne sont l'apanage d'aucune époque, leur régulation prend des modes et des intensités différentes au fil du temps. La montée de l'individualisme a rendu vaine la force de la morale et c'est un bien.

Cependant, elle nécessite pour ne pas faire éclater les fonctionnements sociaux d'être remplacée par une maturité assumée des individus. Il ne faut pas alors aller chercher dans les organisations des compensations à un quelconque manque d'autonomie. L'entreprise n'est un palliatif ni à la famille ni à la désagrégation sociale.

On peut alors aborder la notion d'éthique au travail. Cette notion repositionne l'individu au lieu du groupe. Elle nécessite alors que chacun puisse assumer totalement sa position d'individu, au risque dans le cas contraire d'introduire des rapports qui ne se batisse plus sur l'égalité des hommes.

L'analyse que présente mon ami, Eric dans cet article sur l'éthique et les relations au travail nous livre une vision théorique que je partage. Elle démontre encore une fois, si cela est nécessaire le poids de l'éducation dans la propension des êtres à assumer cette individualité et surtout à compenser les inégalités sociales.

C'est un des points où nos avis divergent. Une société ne peut être résolument moderne que si elle ne donne à chaque individu tous les éléments qui lui permettront d'assurer son individualité mais aussi la conscience de place de la société.

En prenant pour exemple l'enseignement de la philospophie, je défends l'idée qu'elle peut et doit être enseignée à tous, comme toutes les matières qui permettent de comprendre, d'analyser le fonctionnement de la société, sous des formes adaptées. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

La culture n'est pas affaire d'élite. Mais c'est un devoir des élites d'en assurer le rayonnement le plus large. Et on constate que nos élites sont trop souvent déconnectées de la société, sont-elles alors encore des élites ?

Ethique du monde du travail

vendredi 31 mars 2006

Borné, vous avez dit borné

2006, nous sommes dans le 3ème millénaire. On parle de village planétaire, de société de l'information, de reconnaissance de l'individu, bref on pourrait penser que nous ne sommes plus vus comme un troupeau, mais comme un ensemble d'individus. Il est donc normal une fois qu'on est d'accord sur ces principes, d'en appliquer les fondements à l'organisation et au fonctionnement du pays.

La constitution a intégré les principes du droit à l'administration des territoires. Des lois récentes reconnaissent les pirncipes de la démocratie participative. On ne manque pas d'outils législatifs et réglementaires pour construire collectivement un avenir commun sans pour autant qu'il s'agisse d'autogestion. Ces principes ne remettent pas en cause la démocratie parlementaire. Voilà pour les outils.

Maintenant le contexte : la mondialisation, le fonctionnement économique qui s'appuie sur le marché ont bouleversé les échelles de lieu et de temps. Il n'est plus possible de rester à l 'écart des bouleversements et des évolutions de telle ou telle partie du globe. C'est ainsi que des pays qu'on qualifiait d'émergeant se sont très rapidement développés, jusqu'à atteindre leur indépendance technologique. Bref sauf à changer de système politique et économique, tous les pays doivent nécessairement s'adapter pour participer à cette évolution permanente. Les rôles des états ont changé : d'intervenants directs dans l'économie, ils ont de plus en plus un rôle d'accompagnement des mutations. Accompagnement, c'est pour moi assurer les missions de solidarité, de développement, d'adaptation et de sécurité dans un pays. Mais ça veut dire aussi trouver les méthodes pour maintenir les cohésions.

On en arrive enfin aux sujets d'actualité : non ce n'est pas le CPE. C'est la panne des institutions politiques depuis près de 4 ans. Les élections présidentielles de 2002 ont marqué ce tournant, cette rupture. Il y a un décrochage entre les représentants du peuple et le peuple. Le dialogue social ne fonctionne pas. La logique de confrontation a remplacé la logique de "co"construction. Les gouvernants ont remplacé le dialogue par la communication.

Mais les représentants du peuple commencent à vivre le malaise : ils ne veulent plus souffir de schizophrénie. En effet, on ne peut pas jouer Docteur Jekyll en province et Mr Hyde à Paris. C'est aussi le danger d'une assemblée parlementaire dont un parti politique est ultra majoritaire. Et surtout je ne veux pas entendre que les français sont immobilistes et conservateurs, c'est faux. Ils s'adaptent très vite : pour preuve sur le sujet du travail, ils ont augmenté leur productivité de manière considérable en 20 ans pour atteindre le top 10. Mais cette autisme des élites qui nous gouvernent coûte cher : avant dernier épisode le 29 mai 2005. Le référendum n'est pas un non à l'Europe. Et le gouvernement en place fait semblant de ne pas le comprendre.

Dernier épisode du drame : le CPE. Application du principe on frappe d'abord et on discute après. La perspective des élections de l'année 2007 doivent faire comprendre aux candidats de tout poil, qu'il faut rétablir le dialogue social à tous les niveaux, dans l'entreprise mais surtout dans la société. Les discours des représentants du gouvernement sont éloqents, je crois que le stade de l'autisme est dépassé, j'ose croire que c'est celui de la peur, qui conduit à ces propos décalés.

vendredi 3 mars 2006

Gestion des connaissances : un enjeu pour les collectivités locales

Les collectivités locales sont concernées par le vieillissement de leurs effectifs, comme d'autres activités économiques. Le renouvellement des personnels conduira à la confrontation de générations différentes. La gestion des connaissances sera au centre de cette problématique : pas seulement pour capitaliser l'expérience des plus anciens, mais pour construire de nouvelles références communes.

La nouvelle étape de la décenralisation conduira à transférer des agents originaires des services de l'Etat vers des Conseils généraux ou régionaux. Ce sera une autre raison de s'appuyer sur cette spécialité : en effet comment construire une culture commune de populations provenant d'horizons professionnels différents ? Il s'agira de construire des communautés de pratiques : partage des diagnostics, constructions de solutions, mise en oeuvre commune.

La démarche est avant tout managériale : c'est plus de la gestion de l'intelligence collective que de la technologie. Cependant, ces démarches, si elles se mmettent en place, tireront bénéfice des outils collaboratifs de gestion de documents ou de data-mining.

Gestion des connaissances : enjeux en collectivités locales

dimanche 8 janvier 2006

2006, des voeux

Le passage à une nouvelle année fait partie du domaine des symboles. C'est l'occasion de faire des bilans, mais aussi de dresser des perspectives.

Les années des idéologies sont pour le moment derrière nous. On peut assez facilement admettre que nous, occidentaux, sommes dans une période de poursuite du processus d'individualisme.

Donc nos préoccupations principales, pour ceux qui ne sont pas exclus, sont celles d'une population bourgeoise ou qui y aspire. Ce mouvement trancende les grandes tendances : consommation, sécurité, déni de l'intérêt commun pour ne pas dire général, gommage progressif de l'éthique.

On pourrait alors s'interroger sur l'évolution d'une société qui ne serait conduite que par une sorte bien blapharde d'édonisme. Le problème est, à mon sens, beaucoup plus grave : - tout d'abord toutes les populations occidentales ne sont pas concernées, une partie très importante des peuples européens vivent déjà sous le seuil de pauvreté, et la tendance s'affirme - le rejet de l'intérêt général est porté par une partie croissante de la classe politique, sous le prétexte de la performance économique - la cohésion sociale s'affaiblit, et c'est un euphémisme que de le dire - les décisions, les orientations politiques gomment l'importance de la nation au profit de l'individu, de l'immédiat avec un souci de rentabilité immédiate

L'occident ne représente pas le monde et loin de là. Ainsi le bilan est d'autant plus dramatique. On peut s'interroger sur l'incidence de la mondialisation sur l'avenir des cultures, la question est interessante, mais ne semble pas vitale. Ce qui l'est plus, ce sont les incidences de la dimension uniquement financière de cette libéralisation. On peut admettre qu'à son terme la mondialisation aura réparti les richesses, par un jeu de rééquilibrage dans le temps, relativement uniformément sur la terre. C'est sans compter avec les impacts irréversibles à chaque stade intermédiaire. - impact sur la paupérisation des nations - impact sur l'environnement - impact sur les fonctionnements sociaux

La fuite en avant concerne bien tous les aspects de nos vies, et bien plus grave, elle conduit à l'aveuglement: - croyance sans limite dans les technonogies pour régler les dérèglements climatiques - culture du "jeunisme" - effacement des valeurs humanistes, absence d'éthique

Ce post est donc résolument pessimiste, non. Je suis de plus en plus persuadé qu'au regard d'évènements qui ont eu lieu en 2005, les options politiques ou économiques des classes dirigeantes ne résistent pas longtemps aux prises de conscience citoyennes.

Trois axes me semblent innégociables, ils guideront mes choix dans mes actes de citoyen : - la lutte contre la pauvreté dans toutes ces dimensions (alimentation, logement, santé). Tout le monde doit pouvoir y accéder. - la "recohésion sociale" : les liens qui tissent tous les groupes composants la société, en luttant contre la stigmation d'un groupe par rapport à un autre, et en reconstruisant un projet équilibré qui défende, en particulier, les structures publiques nécessaires à cette cohésion - la prise en compte du caractère fini de notre environnement. Les projets, les technologies, les applications scientifiques doivent être évaluées à l'aune de cette contrainte, en intégrant toutes les conséquences sociales, environnementales, éthiques de leur introduction. (ce n'est pas un frein, mais un vrai progrès)

Numéro spécial d'Alternatives économiques
Mythes de l'imitation divine
Une autre vision du problème